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La solidarité pour la pérennité : les entreprises collectives font la différence pour les personnes

Cet article est un bref survol des avantages pour un employé d’évoluer au sein d'entreprises d’économie sociale qui fondent leurs assises sur la démocratie, l’inclusion et la croissance par la contribution des membres qui les composent.
1 décembre 2021

Les coopératives, mutuelles ainsi que les organismes à but non lucratif contribuent beaucoup à l’économie du Québec et à la population par la diversité de leurs services. Au Québec seulement, ce secteur de l’économie représente 47,8 milliards de dollars et emploie près de 220 000 personnes. Pour ainsi prospérer, les entreprises d’économie sociale fondent leurs assises sur la démocratie, l’inclusion et la croissance par la contribution des membres qui les composent.

D’abord, il est important d’expliquer le concept de l’économie sociale qui est également connue sous les noms d’économie solidaire et d’entrepreneuriat collectif. Les organisations de ce secteur exercent des activités dans le but de répondre aux besoins de leurs membres ou d’une collectivité pour en assurer le bien-être et combler les aspirations d’identités. Elles sont constituées par un regroupement de personnes lorsqu’un besoin n’est pas comblé par des organisations privées ou par des services étatiques et la maximisation du profit n’est pas l’ultime objectif. 

 

L’organisation d’économie sociale se doit de réaliser la vente ou l’échange de biens ou de services pour exister et doit répondre à plusieurs principes. La gouvernance de l’organisation est assurée de façon démocratique par ses membres, l’organisation aspire à une viabilité économique et les surplus (des profits dans le cas d'une organisation privée) peuvent être distribués entre les membres selon un prorata des opérations, dans le cas des coopératives. Sinon ils sont réinvestis dans l’organisation.

Cette distribution des surplus se fait selon la constitution juridique de l’organisation et des règlements généraux. Cependant, la distribution des profits ne sert jamais à enrichir un groupe de personnes, mais bien à assurer la pérennité de l’organisation et le développement des membres. Les mots économie et social, qui semblent pourtant être en opposition, vont plutôt de pair, car dans ce secteur, on doit assurer la viabilité de l’organisation par la production de biens ou de services tout en remplissant sa mission sociale qui se concrétise par le développement d’une communauté, la promotion de certaines valeurs dont la démocratie, ainsi que par la participation des membres pour sa gestion.

Parmi les organisations qui composent ce secteur, on y retrouve une multitude de services et de biens offerts. Les secteurs d’activité couverts sont regroupés dans l’agroalimentaire, le commerce de détail, les arts et la culture, l’environnement, la finance solidaire, l’immobilier, la santé, les services aux personnes, les médias et les TIC pour ne nommer que ceux-ci. Ce sont donc des secteurs que la population utilise de façon ponctuelle ou régulière et qui viennent stimuler la vitalité économique et sociale dans toutes les régions du Québec.

La place du travailleur

Au-delà des services offerts, ce qui distingue ce type d’organisation est la place qui est réservée au travailleur. Comme mentionné précédemment, la mission de ces organisations est d'assurer le bien-être de leur collectivité. Pour ce faire, les efforts de travail sont orientés vers le ravissement de la clientèle-membre. Pour atteindre cet objectif, il est primordial que le travailleur soit concerné dans les décisions et qu’il puisse contribuer à l’innovation. Plus concrètement, cela est possible par la constitution même des entreprises d’économie sociale qui doivent tenir une assemblée générale annuelle des membres. Cet exercice permet à tous ceux qui le désirent d’exprimer leurs opinions et de s'interroger sur la direction de certaines orientations. Par leur participation, ils aident à répondre à certains enjeux et leur opinion est tenue en estime car, contrairement à l’entreprise constituée par actions, les entreprises d’économie sociale ont pour principe que chaque membre détient un vote, la démocratie et l’équité étant des valeurs fondamentales de ces organisations.

Sur un autre aspect, certaines organisations permettent même aux travailleurs de devenir propriétaires. C’est le cas des coopératives de travail qui sont exploitées afin de fournir du travail à leurs membres. Ces membres travailleurs sont donc collectivement propriétaires de l’entreprise. Cette constitution est une avenue intéressante pour ceux qui désirent fonder leur entreprise ou même préserver leur emploi à la suite de déboires financiers de leur organisation.

La parité et la solidarité

Il est également intéressant d’ajouter que, selon les plus récentes statistiques, les conseils d’administration des organisations solidaires seraient composés à 50,5 % de femmes et 49,5 % d’hommes. Également, environ 18 % des administrateurs seraient des gens âgés de moins de 35 ans. Ce qui est démontré par ces statistiques est que ces organisations ouvrent leurs portes à ceux qui désirent faire prospérer leur collectivité, économiquement et socialement, et qui ont la volonté d’apprendre la gestion, mais dans un contexte où les décisions sont orientées vers la mission sociale de l’organisation et le développement de ses membres. Également, ces mêmes personnes auront l’occasion de partager leurs bonnes pratiques et de se développer, car les entreprises d’économie sociale participent activement à des tables de concertation (sectorielle, régionale, nationale) ou font partie d’une fédération. Ces regroupements assurent le partage de bonnes idées, s’entraident et partagent des expertises qui profitent à tous.

Ce qu’il faut retenir

Cet article n’est qu’un bref survol des avantages pour un employé d’évoluer au sein d’une entreprise d’économie sociale. Ce qu'il faut garder à l’esprit, c’est que ce type d’entreprise a pour mission de faire prospérer économiquement et socialement une collectivité, que le développement des travailleurs est mis à l’avant-plan pour assurer la pérennité et qu’il y aura toujours primauté de l’humain sur les intérêts financiers. C’est ce qui fait la force de ce secteur économique.

Références