Afin de traverser ce moment difficile, mais heureusement temporaire, deux spécialistes en ressources humaines nous donnent quelques conseils pour reprendre le dessus.
Identifier ce qui nous stresse
Généralement, le stress est attribuable à un sentiment de perte de contrôle, explique Josyanne Villeneuve, CRHA, fondatrice et consultante principale de Main dans la main.
« On peut avoir l’impression de ne plus être maître de notre emploi du temps, d’avoir perdu l’équilibre entre notre vie professionnelle et notre vie personnelle, ou bien on est bousculé par un imprévu, on fait face à des changements qui nous déstabilisent ou qui viennent atteindre notre ego », énumère-t-elle.
« Dans tous les cas, il est important de comprendre quels sont les déclencheurs de notre stress, dit la CRHA. Quand on en a identifié la source, il est plus facile d’identifier des solutions. »
Patrick Dufault, CRHA, fondateur et partenaire de KI-AI Conseils RH, suggère de tenir un journal de bord pour y déposer ses émotions et ses impressions et d’y revenir à tête reposée. « Je le fais en utilisant le dictaphone de mon téléphone, dit-il. Dans un premier temps, je m’enregistre et je ventile. Dans un deuxième temps, je me réécoute en mode solutions. »
Établir ses priorités
« Tout n’a pas la même importance, soulève Josyanne. On peut assurément déplacer ou repousser certaines choses. Qu’est-ce que je peux bouger dans mon horaire de la semaine pour avoir le temps de terminer mon travail de session, de m’entraîner ou de passer du temps avec des amis? »
Pour Patrick, la planification est le meilleur moyen de prévenir la surcharge. « Lorsqu’on est CRHA | CRIA, c’’est même une obligation déontologique que de refuser un mandat lorsqu’on pense qu’on n’aura pas assez de temps ou qu’on n’a pas les compétences pour s’en acquitter », rappelle-t-il.
Entre autres outils, il recommande la matrice d’Eisenhower pour trier ses priorités en fonction de leur importance et de leur caractère urgent. « Quand on fait une simple to-do list, on n’identifie pas toujours les tâches les plus complexes ou les plus longues à faire », indique celui qui est aussi coach AgileSHIFT et formateur agréé Emploi-Québec.
Savoir s’entourer
« Parfois, juste d’avoir quelqu’un à qui verbaliser ses émotions peut faire du bien. Nommer ses besoins à quelqu’un d’autre, c’est super important, rappelle la fondatrice de Main dans la main. Souvent, les autres vont aussi nous raconter des situations qu’ils ont vécues ou nous donner de précieux conseils. »
Le mentorat peut être utile sur ce plan, souligne Patrick. « Quand on est en début de carrière, recevoir le soutien d’une personne d’expérience peut faire la différence, aussi bien sur le savoir-être que le savoir-faire », note-t-il. Tentez d’identifier quelqu’un au sein de votre entourage qui peut jouer ce rôle pour vous. Par ailleurs, la Fondation CRHA délivre chaque année une dizaine de Bourses mentorat à des étudiants et étudiantes qui sont en voie de compléter leur parcours universitaire.
Demander de l’aide ou déléguer certaines tâches à nos pairs peut aussi être une avenue pour lâcher un peu de lest lorsque nécessaire.
Surtout, apprendre à dire non, quand on sent qu’on en a trop sur les épaules. « C’est facile d’être emballé par un projet ou une activité et de dire oui, dit Josyanne. On a le droit de dire non, ou on peut dire oui, mais pas maintenant. »
Se permettre de décrocher
Il peut être tentant de mettre tout de côté pour s’attaquer à la montagne de travail qui nous angoisse, mais il s’agit là d’un piège dans lequel il ne faut pas tomber, prévient la consultante. « On peut soutenir une certaine surcharge temporairement, mais il ne faut pas négliger d’autres activités qui pourraient nous faire du bien et nous permettre de recharger nos batteries, explique la CRHA. Par exemple, on peut avoir le réflexe de sacrifier un entraînement pour travailler davantage, mais on gagnerait plutôt à bouger un peu, même si c’est un peu moins longtemps ou moins intense, pour retirer les bénéfices que nous apporterait cet exercice. »
Même chose pour notre vie sociale ou nos loisirs. « Il ne faut pas se sentir coupable de se donner du temps pour faire des choses qu’on aime, dit Josyanne. Ce n’est pas être improductif parce que ça nous fait du bien. »
Ce pas de recul est peut-être même ce qu’il faut pour se redonner un élan, ajoute-t-elle. « Parfois, on a le nez trop collé sur notre écran ou sur nos livres, alors on a du mal à mettre les choses en perspective. Quand on se donne le temps de mettre de l’air dans notre cerveau, beaucoup de solutions remontent à la surface. »
Enfin, Josyanne recommande de s’accorder des périodes de travail exemptes de toute distraction. « Éteindre nos notifications et ne pas se laisser distraire par quoi que ce soit, quitte à bloquer du temps dans notre agenda, va nous permettre de nous concentrer et d’abattre une quantité plus importante de travail », indique-t-elle.
Se sentir dépassé par la charge de travail est normal. En identifiant ses facteurs de stress, en mettant de l’ordre dans ses priorités et en n’hésitant pas à demander de l’aide, il sera toutefois beaucoup plus simple de franchir la montagne (de travail)!