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Développement des compétences : pour adresser les défis du futur

Dans un monde en pleine mutation, former les travailleurs et les travailleuses est essentiel pour traverser les zones de turbulences et aider les organisations à demeurer compétitives. Bien qu'on ne connaît pas encore les métiers et les besoins du monde du travail du futur, il faut développer dès maintenant!
26 juin 2023

Dans un monde en pleine mutation, former les travailleurs et les travailleuses est essentiel pour traverser les zones de turbulences. À ce titre, les spécialistes en développement des compétences jouent un rôle crucial pour aider les organisations à demeurer compétitives. On ne connaît pas encore les métiers et les besoins du monde du travail du futur. Toutefois, il faut développer dès maintenant!

Mesurer la portée de la formation, c’est ce qui anime au quotidien Philip Bibeau, CRHA. « Quand on voit l’étincelle qui s’allume dans les yeux de la personne lorsqu’elle comprend mieux ce qu’elle fait, c’est vraiment motivant. Souvent, elle a appris les différentes étapes de sa tâche par cœur, sans connaître l’effet de chacune d’elles », souligne le consultant en formation chez Bibeau Conseils, une firme qu’il a fondée en 2017.

Philip Bibeau cite en exemple des personnes travaillant dans une usine de production de confiseries. Grâce à une formation, elles ont pu mieux comprendre le fonctionnement de la machinerie qu’elles opéraient. « Cela leur a fait réaliser leur influence sur le produit final, ce qui a changé énormément leur perception quant à l’importance de leur travail. Après cela, elles se voyaient comme des artisans. » En plus d’être plus motivée, l’équipe a amélioré sa productivité.

Et c’est justement le rôle des professionnels en développement des compétences, explique Martin Lauzier, CRHA, professeur titulaire en gestion et développement des ressources humaines au Département de relations industrielles de l’Université du Québec en Outaouais. « Ces professionnels sont appelés à cibler les habiletés et les compétences que les travailleurs d’aujourd’hui et de demain devraient acquérir pour s’assurer qu’ils puissent effectuer correctement leur travail. »

Plus encore, ils doivent analyser la réalité organisationnelle et repérer les écarts de performance ainsi que les défis et les changements auxquels l’organisation pourrait faire face, afin de prescrire les formations les plus judicieuses, poursuit-il. « En fait, ces spécialistes aident les organisations à développer, à maintenir ou à renouveler le capital de compétences de leurs équipes de travail », résume-t-il.

Avant, pendant et après

En tant que consultant, Philip Bibeau aide des entreprises — principalement du secteur manufacturier — à structurer et optimiser leur processus de formation. Par exemple, lors de l’accueil de personnes récemment embauchées, il détermine quelles sont les compétences à acquérir, sélectionne les meilleures formations et outille les gestionnaires pour qu’ils et elles puissent aider ces recrues à tester leurs nouveaux savoirs. « Je suis vraiment un spécialiste de l’apprentissage », souligne le consultant.

Entraînement à la tâche, formation traditionnelle, capsules web, coaching : Philip Bibeau choisit les meilleures stratégies d’apprentissage. « On pourrait, par exemple, créer un projet spécial où un opérateur serait responsable d’un processus d’amélioration continue. Une façon pour lui d’apprendre les rouages de la gestion d’équipe avant de devenir superviseur », explique le consultant.

Ces spécialistes veillent aussi à ce que l’environnement soit propice à l’apprentissage. « Les supérieurs font-ils les suivis nécessaires? Offrent-ils à leurs employés des occasions de mettre en application leurs nouveaux apprentissages? Cette planification est une étape importante si l’on veut tirer un réel avantage de la formation », précise Martin Lauzier. Un travail qui requiert non seulement de la rigueur, mais aussi de la créativité, estime-t-il.

Apprendre tous les jours

Que ce soit en entreprise ou comme consultant ou consultante, cette profession n’aime pas la routine! « C’est difficile d’être plus diversifié, puisque nous travaillons avec toutes sortes de personnes qui ont des profils complètement différents. Et les compétences à développer sont extrêmement variées, explique Philip Bibeau. Un jour, on peut apprendre à enrober des amandes dans le chocolat et le lendemain, à fabriquer des cordes à linge! »

La curiosité est donc de mise et l’apprentissage est constant. « C’est important de développer sa pensée critique pour trouver les meilleures sources afin de mieux comprendre comment le cerveau apprend », ajoute-t-il. Philip Bibeau conseille d’ailleurs à ceux et celles qui s’intéressent à ce domaine de ne pas hésiter à se former en continu sur le sujet, alors que ce champ d’expertise évolue constamment.

Un domaine d’avenir

Dans le contexte actuel, les organisations qui négligent la formation risquent de se retrouver face à des écarts difficiles, voire parfois impossibles à rattraper. « Si l’on ne dépiste pas rapidement les lacunes, qu’on ne forme pas les travailleurs de la bonne façon et qu’on ne met pas en place les bonnes conditions pour assurer le transfert des apprentissages, on peut rapidement prendre du retard par rapport à la concurrence », explique Martin Lauzier. Les conseillers et conseillères en développement des compétences peuvent donc aider les organisations à éviter de telles situations.

« Au rythme où les choses évoluent, nous n’avons plus le choix de nous former en continu. Il faudra donc beaucoup de spécialistes de l’apprentissage », souligne Philip Bibeau. Sans compter que ces professionnels et professionnelles contribuent au bien-être des équipes. « Nous avons une influence sur le développement des talents, ce qui permet aux individus de s’épanouir dans leur profession. Ce faisant, ils se sentent meilleurs, sont plus efficaces et plus heureux » conclut-il.