Le milieu du travail a évolué considérablement à travers le temps et la pandémie de 2020 n’a fait qu’accélérer ce changement, ayant apporté une toute nouvelle perspective sur le plan de la longévité d’emploi et ce qui la rend actuellement possible. Cela a d’ailleurs provoqué beaucoup de questionnements quant aux stratégies de rétention dans les organisations.
Plus précisément, les organisations se sont vues dans l’obligation de réévaluer leurs façons traditionnelles d’attraction et d’engagement afin de répondre au nouveau phénomène recherché par tous : une expérience employé modernisée, ayant au cœur le capital humain. Comme le mentionne Jean-François Bertholet, ce qu’on croyait autrefois être des programmes de rétention — un BBQ d’été, un mercredi yoga ou le party des fêtes — s’avère être perçu plutôt comme des activités sociales qui, d’une manière ou d’une autre, sont souvent imposées par les organisations sans nécessairement mener aux résultats escomptés. Au contraire, ces moyens d’ailleurs superficiels contribuent à la création du phénomène de la positivité toxique. En courte définition, la positivité toxique est la croyance selon laquelle on doit toujours rester positif, peu importe les émotions négatives que l’on ressent et les épreuves que l’on subit. En mettant de l’avant ce type d’initiative, les organisations transmettent un message contradictoire à ce qu’elles essayent d’accomplir. L’organisation souhaite le bien-être des employés et employées, mais les gestionnaires et les membres de la direction envoient un message contraire en demandant le positivisme à tout prix, sans égard à ce que les gens vivent ou ressentent. Au lieu d’être attentives aux préoccupations des équipes et de leur témoigner de la gratitude, les organisations organisent plutôt des événements sociaux, ce qui crée un sentiment de bonheur temporaire. De plus, quoi faire si ce n’est pas tout le monde qui apprécie un mercredi yoga? « Le fun ne se commande pas! » est la conclusion que les organisations d’aujourd’hui doivent retenir. Alors que les activités sociales permettent de prendre une pause pour faire le plein d’énergie, elles n’ont malheureusement pas d’effet à long terme, car elles ne sont pas adaptées aux besoins professionnels de chacun. Bâtir des programmes de rétention et d’engagement sur ce qu’on pense en tant qu’organisation plutôt que ce qui est vraiment demandé par les employés et employées ne contribue pas à une relation durable employeur-employé.