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Travailleuses expérimentées : un atout stratégique sous-utilisé par les employeurs

Les Québécoises de 45 ans et plus stabilisent les équipes et transmettent un savoir précieux. Pourtant, âgisme et sexisme freinent encore leur progression. Découvrez des leviers concrets pour les retenir et les valoriser.
25 mai 2026

Selon un article publié par le Conseil du patronat du Québec (CPQ) sur la plateforme Re:travail, au Québec, les personnes de 45 ans et plus représentent 42 % de la main-d'œuvre, et près de la moitié sont des femmes. Engagées, qualifiées et essentielles dans plusieurs secteurs, les travailleuses expérimentées demeurent pourtant freinées dans leur progression. Lorsqu'elles se sentent reconnues, elles restent plus longtemps en emploi, stabilisent les équipes et rehaussent la qualité du travail. Or, malgré une scolarisation accrue, elles n'occupent que 34 % des postes de gestion dans leur groupe d'âge, ce qui révèle un potentiel encore largement sous-exploité par les organisations.

Une double discrimination qui fragilise les parcours

Derrière les discours sur la valorisation des travailleurs d'expérience, les femmes de 45 ans et plus se heurtent à un double mur : l'âgisme et le sexisme. Souvent appelées « génération sandwich », elles assument simultanément des responsabilités envers leurs enfants et leurs parents vieillissants, ce qui interrompt leur parcours et limite l'accès aux postes mieux rémunérés. Plus du quart d'entre elles ont vécu des attitudes âgistes ou sexistes nuisant à leur motivation, et les questions de santé propres aux femmes, comme la périménopause, restent peu reconnues dans les milieux de travail. Résultat : en 2023, le revenu médian des Québécoises de 65 ans et plus accusait un écart de 11 000 $ par rapport à celui des hommes.

Des leviers concrets pour les retenir et les valoriser

Soutenir les travailleuses expérimentées s'avère un puissant facteur de stabilité organisationnelle : 84 % d'entre elles se disent satisfaites lorsqu'elles se sentent valorisées, 72 % souhaitent transmettre leurs connaissances et 44 % resteraient plus longtemps avec un véritable accès à la formation après 50 ans. Pour bénéficier de cet apport, les employeurs gagnent à se doter de politiques claires contre la discrimination, à former les gestionnaires aux biais inconscients combinant âge et genre, à offrir des horaires modulables et des congés pour proche aidance, à rendre la formation continue accessible et à mettre en place du mentorat intergénérationnel. Intégrer la santé au féminin aux politiques RH complète la démarche.

Pour explorer en détail les enjeux et les bonnes pratiques associées au maintien en emploi des travailleuses expérimentées, consultez la fiche-conseil Travailleuses expérimentées : un atout stratégique pour les employeurs et profitez-en pour découvrir les outils proposés.