L’arrivée massive de l’intelligence artificielle (IA) marque un tournant majeur pour les organisations. C’est un de ces moments rares où les règles du jeu se redéfinissent. Si parfois ça me donne le vertige, je nous considère chanceux de vivre ce moment charnière. Je suis par ailleurs convaincue que pour les CRHA | CRIA, l’IA n’est ni une menace, ni une solution magique, mais assurément une occasion historique. Je crois que notre rôle n’est pas seulement d’accompagner le changement, mais de devenir de véritables architectes de cette transformation, avec lucidité et ambition.
La lucidité, d’abord, consiste à reconnaître l’ampleur réelle de la transition. L’IA n’est pas un logiciel de plus ni un simple outil d’efficacité. Elle modifie la nature même du travail : certaines tâches sont automatisées, d’autres réinventées, et de nouvelles compétences deviennent essentielles. Les structures hiérarchiques évoluent, les cycles de travail s’accélèrent, les attentes des employés s’intensifient. Sous-estimer la complexité de cette mutation reviendrait à renoncer à y jouer notre rôle stratégique.
Puis cette lucidité doit s’accompagner d’ambition. Nous possédons une compréhension fine de l’humain, des dynamiques organisationnelles et des pratiques qui favorisent la performance durable. Ce sont précisément ces compétences qui deviennent plus cruciales à l’ère de l’IA. Les organisations ont besoin de leaders capables de réimaginer les rôles, de repenser les modes de collaboration entre humains et technologies, et de redessiner des environnements où l’innovation peut s’ancrer dans des pratiques éthiques et cohérentes.
Être architecte du futur du travail signifie anticiper les compétences de demain, structurer des parcours d’apprentissage continus et guider les employés dans leur adaptation. Cela signifie aussi repenser l’organisation du travail : intégrer l’automatisation sans perdre de vue la dignité, revoir les mécanismes de collaboration et faire place à la créativité et au jugement.
Nous avons également un rôle crucial à jouer dans la gouvernance de l’IA. Transparence, équité, respect de la vie privée, gestion des biais : ces enjeux doivent être intégrés dans des politiques claires, incarnées par des pratiques organisationnelles cohérentes et portées par un leadership exemplaire.
En somme, si l’avenir se dessine résolument plus technologique, il sera aussi fondamentalement humain. Dans ce nouvel équilibre, nous sommes idéalement positionnés pour nous poser en bâtisseurs éclairés, capables de conjuguer l’innovation et l’humanité. C’est à la fois une responsabilité — celle qui donne le vertige — et une formidable occasion — celle qui est historique — de redéfinir notre contribution stratégique.