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Le leadership en conscience.... : lorsqu’un bon leader contribue à la qualité de vie au travail

La définition même de la qualité de vie au travail proposée par l’Accord national interprofessionnel (ANI QVT) suggère qu’il s’agit d’un effort soutenu de la part de la direction. Pour y arriver, cela passe par un leadership en conscience.
Manon Blondin, MBA, CRHA, PCC

En 2013, l’ANI QVT décrivait la qualité de vie comme «un sentiment de bien-être au travail perçu collectivement et individuellement qui englobe l’ambiance, la culture de l’entreprise, l’intérêt du travail, les conditions de travail, le sentiment d’engagement, le degré d’autonomie et de responsabilisation, l’égalité, le droit à l’erreur accordé à chacun, une reconnaissance et une valorisation du travail effectué. »

Plus pertinente que jamais, cette définition nous ramène au fondement du leader en conscience et comment il peut y contribuer. En effet, ce type de leader trouve des moyens pour accroître ses réflexes de recul avant de céder à l’envie de se lancer dans l’action. Plus facile à dire qu’à faire dans une société qui va de plus en plus vite, en exige toujours plus et où la productivité prend souvent le dessus sur le bien-être de ceux qui la réalisent.

Pour transformer ce paradoxe et s’accomplir davantage et mieux dans ces univers changeants appelés VICA (volatile, incertain, complexe et ambigu), cela doit d’abord partir de soi.

Vers un leadership en conscience

Un leader en conscience doit reconnaître ses forces et ses points de vigilance. Il est conscient que ce qu’il dit ou ne dit pas, ce qu’il fait ou ne fait pas, peut entraîner des répercussions sur la qualité de vie de tout un chacun; autant pour lui que pour ceux qui l’entourent, et même, pour son organisation.

On comprend pourquoi la qualité de vie au travail est l’affaire de tous, et que la direction doit davantage s’engager pour montrer l’exemple et l’intégrer à même sa culture et ses valeurs. D’ailleurs, puisque nous revenons d’une crise qui remet en question nos façons de faire, avez-vous réévalué ces valeurs et cette culture ?

Actuellement, nous vivons des enjeux importants tels que la pénurie de main-d’œuvre, le retour au travail en mode hybride, la rétention du personnel et bien d’autres. Si vos employés ne sont pas heureux de collaborer avec vous, comment voulez-vous les motiver à se surpasser? Un peu d’humanisme dans nos façons de faire fera rejaillir le meilleur chez l’autre et l’incitera à prendre soin de lui et par ricochet, des autres.

Les piliers de la qualité de vie au travail – Pistes de réflexion

 Ce n’est pas utopique. Cela repose sur les piliers de la qualité de vie au travail. L’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail en présente trois. Cela peut nous amener, en toute conscience, à réfléchir afin de nous repositionner et agir autrement :

  • Les conditions d’emploi et de travail : qu’est-ce qui est valorisé et important dans l’organisation?
  • Le contenu du travail : qu’est-ce que l’employé doit et peut faire ?
  • La capacité à s’exprimer et à agir : comment peut-on mieux collaborer en toute circonstance?

Plusieurs réflexions sont possibles pour rebondir rapidement. Cela peut même engendrer un plan d’action pour améliorer la qualité de vie au travail au quotidien et créer ce sentiment de bien-être. Il a été démontré qu’un employé heureux a un effet positif sur le rendement d’une entreprise.

L’équation est simple : plus la qualité de vie au travail est grande, plus l’organisation y gagne. Un effort individuel et collectif peut s’avérer payant. Voilà ce que tout bon leader en conscience, en prenant du recul, préconise et met de l’avant. Et si la qualité de vie au travail dépendait de ce précieux recul, comment allez-vous l’activer davantage?


Author
Manon Blondin, MBA, CRHA, PCC consultante, coach d’affaires exécutif, conférencière

Source : Revue RH, volume 24, numéro 4 ─ SEPTEMBRE OCTOBRE 2021