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Lu pour vous : Leadership féminin en PME : il y a encore du travail !

Le leadership féminin doit être un enjeu de taille au cœur de la stratégie de reprise et de croissance du Québec et Canada et partout au monde.

Par Houda Bachisse.
Rédactrice en chef adjointe. Revue RH. Ordre des conseillers en ressources humaines agréés

Le leadership féminin constituerait un atout pour les affaires, la croissance et la performance des PME. En tous les cas, c’est ce que titrait une grande majorité de médias de septembre et d’octobre au Québec, au Canada et à l’international. Le JDN parle de « Voie vers un leadership féminin post-pandémie? » Pour La presse.ca, « Les femmes seraient une force à construire » selon un récent article paru en octobre. Les Affaires pour sa part, titrait l’une de ses dernières publications : « Diversité de genre et performance ne devraient faire qu'un dans les PME ». 

Au-delà des discours et des questionnements, que dit la réalité du terrain? Combien d’entreprises sont-elles dirigées par des femmes? Combien de femmes font partie des conseils d’administration des PME? Est-ce qu’en 2020, et à compétence égale, le salaire des femmes équivaut-il à celui des hommes? Quelques éléments de réponses sont fournis par les conclusions de certaines enquêtes récentes qui démontrent que le leadership féminin est sur la bonne voie, mais qu’il y a encore du travail à faire. 

Un récent rapport, L'égalité économique dans un monde en évolution : éliminer les obstacles à l'emploi des femmes, publié par le Diversity Institute de l'Université Ryerson et le Forum des politiques publiques, avance qu’à Montréal, seulement 24,9 % des entreprises sont dirigées par des femmes. Même son de cloche au Canada où les dernières conclusions du Portail de connaissances pour les femmes en entrepreneuriat (PCFE) intitulé « État des lieux de l’entrepreneuriat féminin 2020 » font état d’une sous-représentation des femmes en 2020. Uniquement 15 % des petites et moyennes entreprises (PME) sont détenues par des femmes (Ici-RDI) et seulement 4 % d’entre elles sont à la tête de compagnies employant entre 100 et 500 personnes. 

Sur un autre registre, 24 % d’écart de rémunération persiste encore en 2020 entre les hommes et les femmes selon un sondage Léger (Journallesoir.ca), et une femme entrepreneuse aurait un salaire inférieur de 58 % à celui d’un homme entrepreneur (Tv5Monde). 

Alors que nous mettons le cap sur 2021 et malgré plusieurs années de débats sur l’égalité hommes-femmes et sur les initiatives d’inclusion des femmes au monde des affaires, les chiffres de 2020 s'entêtent encore à ne montrer qu’une légère progression. Le leadership féminin doit être un enjeu de taille au cœur de la stratégie de reprise et de croissance du Québec et Canada et partout au monde. Il doit influencer non seulement l’écosystème des compétences et de l'emploi, mais également les politiques nationales de relance de l’économie.


Source : Revue RH, volume 23, numéro 4 ─ NOVEMBRE DÉCEMBRE 2020