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Apprendre constamment

La Loi favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la main-d’oeuvre est-elle toujours pertinente aujourd’hui?
1 décembre 2017
Manon Poirier, CRHA

Un journaliste me demandait récemment si la Loi favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la main-d’oeuvre, mieux connue sous le vocable familier de « la loi du 1 % » était toujours pertinente aujourd’hui.

Excellente question à laquelle j’avais une envie irrésistible de répondre « non ». Pourquoi? Parce que dans un contexte où le développement des compétences est un enjeu significatif pour les organisations, dans un écosystème où la quantité d’informations à ingérer est démesurée, où les offres de contenu de formation sont multiples et multiplateformes, j’aimerais croire que ce standard minimal n’est plus nécessaire, mais désormais un acquis.

Mais le fait est que, même quand l’économie se porte bien, le développement des compétences reste perçu comme un luxe, et non comme une nécessité fondamentale. Car, il faut se l’avouer, un des premiers budgets dans lequel on sabre au moindre signe de difficulté financière, c’est celui de la formation. Je me suis d’ailleurs moi-même déjà rendue coupable comme v.-p. RH en entreprise de faire ces premières coupes.

Pourtant, la rétention des talents est généralement reconnue comme l’un des grands défis des organisations. Les travailleurs, et plus particulièrement les plus jeunes générations, voient leur développement professionnel comme un cheminement continu, auquel ils s’attendent que leur employeur contribue, et ce, même s’ils ont souvent troqué « loyauté » pour « employabilité ».

Alors oui, la Loi est toujours pertinente pour établir un standard minimal. Et dans une économie de PME, le seuil d’assujettissement qui a été augmenté au fil du temps à 2 millions de dollars, pourrait, et devrait, notablement être réduit. Par ailleurs, la flexibilité relative à ce qui peut être considéré afin de respecter les obligations légales est importante pour les organisations et doit être maintenue.

Dans cet ordre d’idée, le présent numéro hors-série vous propose de nouvelles tendances en formation qui appuient et accroissent cette flexibilité nécessaire aux organisations. En outre, réponses contemporaines aux besoins actuels, elles reconnaissent la diversité qui caractérise les apprenants, réinventent continuellement les méthodes de transmission du savoir et ciblent l’essentiel des contenus.

Aujourd’hui, les technologies ouvrent des horizons excitants et donnent aux organisations la chance d’offrir des expériences d’apprentissage calquées sur la réalité. Les possibilités sont illimitées et la bonne nouvelle, c’est qu’elles sont accessibles à tous!


Author
Manon Poirier, CRHA Directrice générale Ordre des conseillers en ressources humaines agréés

Comptant plus de 25 ans d’expérience dans le domaine des ressources humaines, Manon Poirier, CRHA occupe, depuis 2016, le poste de directrice générale de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, organisation dont la mission est de protéger le public et d’encadrer la profession des conseillers en ressources humaines agréés (CRHA) et des conseillers en relations industrielles agréés (CRIA).

Femme engagée, elle a la réputation de contribuer à faire émerger le meilleur des organisations et des équipes avec lesquelles elle travaille. Avant de se joindre à l’Ordre, Manon Poirier a occupé le poste de vice-présidente, Ressources humaines aux YMCA du Québec.

Manon Poirier est diplômée en droit de l’Université de Montréal. Titulaire d’une maîtrise en sciences de l’administration de l’Université Laval et d’un diplôme d’études supérieures en gestion de HEC Montréal, elle siège à de nombreux comités où son expertise du monde du travail est largement mise à profit. Très active au sein de la communauté, elle a également été membre du conseil d’administration de TDH pour les enfants et de La Relance Jeunes et Familles.

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Source : Revue RH, volume 20, numéro Hors-série