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Du leader expert au leader transformationnel : redéfinir la performance en gestion

Le passage du rôle d’expert à celui de leader transformationnel exige un changement de posture majeur! Découvrez les ajustements clés pour évoluer positivement dans cette transition et définissez votre posture de leadership avec notre outil de réflexion.
5 février 2026
Léna Flores, CRHA | Isabelle Nadeau, CRHA, m. a.

Les personnes qui accèdent à des postes de gestion s’illustrent d’abord comme expertes : elles maîtrisent leur domaine, livrent des résultats au-delà des attentes et deviennent des références naturelles pour leurs collègues. Pourtant, les forces qui leur ont permis de progresser ne sont plus celles qui assureront leur succès comme gestionnaires. Le passage du rôle d’expert à celui de leader transformationnel exige un changement de posture majeur : accepter que le rendement ne repose plus principalement sur soi, mais sur son équipe, et redéfinir ce que signifie « être performant » lorsqu’on occupe un rôle de gestion.

Ce virage entraîne souvent des émotions contrastées : de la fierté pour le chemin accompli, mais aussi l’impression de perdre une partie de son identité professionnelle. Pour évoluer positivement dans cette transition, explorons les principaux changements de posture nécessaires pour passer d’un leadership d’expertise à un leadership véritablement transformationnel.

Quand l’expertise ne suffit plus : faire le deuil du « héros expert »

L’expert brille par ce qu’il réalise lui-même : il résout des problèmes complexes, approfondit les dossiers et livre des résultats concrets. Le leader transformationnel, lui, se distingue par ce qu’il rend possible pour les autres : mobiliser, développer, orienter et soutenir son équipe vers l’atteinte d’objectifs communs.

Cette transition oblige à reconnaître que :

  • le gestionnaire n’a plus à être « celui qui sait tout »;
  • sa valeur n’est plus « donner la réponse », mais « faire émerger les réponses »;
  • sa réussite se mesure moins par ses propres livrables que par ceux de son équipe.

Pour une personne à haut rendement, cette réalité peut être déstabilisante. Il faut passer d’une reconnaissance directe liée à l’exécution à une reconnaissance plus indirecte fondée sur l’incidence collective. Le piège de la comparaison n’est jamais loin : « Je le faisais mieux et plus vite » ou « Laisse, je vais le faire, ça ira plus vite ».

Le leadership transformationnel invite plutôt à redéfinir le rendement : celui d’un employé repose sur la maîtrise des tâches, celui d’un gestionnaire, sur la clarté qu’il donne, le développement de ses équipes, le climat de travail, la mobilisation et la capacité de son unité à obtenir des résultats durables. Un gestionnaire performant n’est pas celui qui reprend les dossiers à sa charge, mais celui qui permet à l’équipe d’atteindre le résultat… même en son absence.

Changer l’objet de son regard : du processus au résultat

L’expert a souvent été valorisé pour sa maîtrise du « comment » : la méthode, les étapes, la manière la plus optimale d’exécuter. Le leader transformationnel déplace cette attention.

Il demeure responsable des balises (cadre, normes, risques, ressources), mais se concentre davantage sur le résultat attendu et sur la capacité de l’équipe à y parvenir. Autrement dit, il clarifie le « quoi » et le « pourquoi » avant de préciser le « comment » et accepte que l’équipe emprunte un chemin différent du sien, tant que cela respecte le cadre et les attentes. Le gestionnaire devient soutien plutôt que contrôleur.

Ce changement de regard exige confiance, lâcher-prise et tolérance pour l’imperfection, considérée comme un passage normal de l’apprentissage.

Se donner (et donner) le droit à l’erreur

Pour de nombreux gestionnaires issus de l’expertise, l’erreur était historiquement à éviter. On attendait d’eux des réponses justes, rapides et sans faille. Le leadership transformationnel repose sur un autre principe :

  • il est normal de ne pas tout savoir;
  • dire « je ne sais pas encore, allons comprendre ensemble » devient légitime;
  • l’erreur devient un espace d’apprentissage encadré plutôt qu’un échec.

Ce droit à l’erreur s’applique autant à l’équipe (tester, ajuster, progresser) qu’au gestionnaire lui-même, qui apprend aussi dans son rôle. Reconnaître ses limites, poser des questions et demander du soutien ne sont plus des signes de faiblesse, mais des marqueurs d’humilité et de développement continu.

Qui est votre équipe? Pas seulement vos employés!

Un autre changement de perspective fondamental : l’équipe d’un gestionnaire ne se limite pas à ses employés. Elle comprend aussi les autres gestionnaires, la direction, les instances ainsi que certains partenaires internes et externes (RH, TI, finances, principaux clients, etc.).

Se percevoir comme un maillon d’un système plus large permet de :

  • mieux comprendre les enjeux organisationnels qui dépassent l’unité;
  • adapter sa communication selon les parties prenantes;
  • contribuer à la cohérence globale plutôt qu’à la seule défense de son équipe.

Le leader transformationnel navigue ainsi dans plusieurs cercles de responsabilité, conciliant besoins de l’équipe, attentes de l’organisation et réalité terrain.

Être ambassadeur de l’organisation en toute intégrité

Assumer un rôle de gestion, c’est aussi devenir ambassadeur de l’organisation, non pas en adhérant aveuglément à tout, mais en trouvant une ligne d’intégrité claire. Pour ce faire, il faut :

  • Exprimer ses préoccupations dans les bons lieux : poser des questions, soulever les enjeux, formuler un désaccord argumenté auprès des instances appropriées;
  • Porter les décisions une fois qu’elles sont prises : éviter les messages du type « ce n’est pas moi, c’est en haut », qui fragilisent la confiance envers l’organisation et envers le gestionnaire;
  • Agir pour que ça fonctionne : mettre en place les conditions nécessaires à la réussite des décisions sur le terrain.

Cet équilibre entre loyauté, esprit critique et intégrité personnelle est au cœur du leadership transformationnel. Il demande du discernement, de la maturité et, souvent, la création d’un espace de réflexion avec des pairs ou des partenaires RH.

Un leadership qui s’apprend et qui s’incarne au quotidien

Passer d’un rôle d’expert à un rôle de leader transformationnel n’est pas un changement technique, mais une réelle évolution identitaire. Cette transformation se construit au fil du temps, par l’entremise de réflexes nouveaux : considérer le rendement autrement, accorder de la confiance, apprendre ensemble et soutenir l’organisation dans un esprit de cohérence et d’intégrité.

Pour aller plus loin, nous vous invitons à prendre quelques minutes pour situer votre propre posture de leadership à l’aide de notre outil de réflexion.

Outil de réflexion : positionner votre posture de leadership

Léna Flores, CRHA Directrice du bureau de Grand-Montréal brh

Isabelle Nadeau, CRHA, m. a. Cheffe de pratique du développement organisationnel brh