ressources / dossiers-speciaux / semaine-sante-mentale

Semaine de la santé mentale 2024 : état des lieux

Portrait de l’état de santé psychologique au Canada et au Québec
1 mai 2024
Ordre des conseillers en ressources humaines agréés

En chiffres : la santé mentale au Canada[1], [2], [3]

  • Chaque année, l’équivalent d’une personne sur cinq au Canada vit un problème de santé mentale.
  • Près d’un Canadien sur deux âgé de 40 ans et plus souffrira ou a déjà souffert d’une maladie mentale.
  • La dépression majeure affecte environ 5,4 % de la population canadienne, alors que le trouble anxieux en touche 4,6 %.
  • Une personne sur quatre a vécu un degré élevé d’anxiété au moins une fois dans sa vie.
  • En 2020, 15,2 % de tous les adultes au Canada ont rapporté des symptômes modérés à graves du trouble dépressif majeur. Au Québec, cette proportion s’établissait à 10,5 %.
  • Près de 1 %de la population canadienne sera touchée par un trouble bipolaire (autrefois connu comme étant la « maniaco-dépression »), et un autre 1 % souffrira de schizophrénie.
  • Les troubles mentaux liés à l’utilisation de substances affectent environ 6 %de la population canadienne.
  • Les troubles du comportement alimentaire (TCA) affectent environ 1 million de personnes au Canada – soit entre 0,3 et 1 % de la population. Ils touchent dix fois plus souvent les femmes que les hommes, et les personnes aux prises avec un TCA affichent le plus haut taux de mortalité parmi toutes les maladies mentales.

Rapport de l’indice de santé mentale au Canada (TELUS Santé, février 2024)[4]

  • S’établissant à 63,2, le score de santé mentale des travailleuses et travailleurs canadiens est revenu à un seuil comparable à celui atteint lors de la pandémie. Les scores entre 0 et 49 correspondent à une santé mentale à risque, entre 50 et 79 à une santé mentale précaire et entre 80 et 100 à une santé mentale optimale.
  • 35 % des travailleurs canadiens présentent tout de même un risque élevé de souffrir d’un problème de santé mentale, et 42 % présentent un risque modéré.
  • La proportion des répondants au sondage de TELUS Santé ayant reçu un diagnostic d’anxiété ou de dépression est d’environ 30 % dans le groupe présentant un risque élevé et de 7 % dans celui présentant un risque modéré.
  • Les travailleuses et travailleurs de moins de 40 ans sont deux fois et demie plus nombreux que ceux de plus de 50 ans à avoir des problèmes émotionnels, psychologiques ou de santé mentale.

Sentiment d'isolement chez les Canadiennes et Canadiens en raison de l'inflation (Ipsos pour MNP)[5]

  • La moitié des personnes répondantes restent à la maison plus souvent (51 %) et un tiers socialisent moins (35 %) ou passent moins de temps avec leurs amies et amis (30 %) pour économiser. 
  • Une personne sur cinq ressent de l’isolement social (20 %) ou de la solitude (19 %). 
  • Deux personnes sur cinq éprouvent du stress (42 %) et de l’anxiété (39 %) en raison de l’inflation et des taux d’intérêt élevés. 
  • Les Canadiennes et Canadiens qui jugent leur situation d’endettement épouvantable sont plus susceptibles de ressentir du stress (77 %) et de l’anxiété (72 %), de rester à la maison plus souvent (72 %), et de passer moins de temps à socialiser (55 %) ou avec des membres de leur famille (33 %) pour économiser. 

Santé mentale et coût de la vie[11]

  • 41 % des personnes répondantes ont affirmé que la pression financière se répercutait sur leur santé mentale. 
  • 23 % s’inquiétaient de leur capacité à payer leur loyer ou leur hypothèque, ce qui haussait leur degré d’anxiété. 
  • 40 % avaient de la difficulté à nourrir convenablement leur famille ou eux-mêmes, ce qui affectait leur santé mentale. 
  • 28 % des personnes répondantes ont déclaré que leur incapacité à payer des services de santé mentale constituait une raison de ne pas y avoir recours, même s’ils en avaient besoin. 
  • Les enfants et les adolescents de moins de 18 ans vivant dans l’insécurité alimentaire en Ontario se rendaient plus souvent (55 %) chez le médecin pour des motifs liés à la santé mentale que les personnes mangeant à leur faim. 

Santé mentale, stigmatisation et emploi[3], [10]

  • Plus du tiers des Canadiens auraient une perception négative d’eux-mêmes s’ils avaient un problème de santé mentale.
  • Plus de deux Canadiens sur cinq croient que leurs perspectives de carrière seraient limitées s’ils souffraient d’un problème de santé mentale et que leurs collègues étaient au courant.
  • Le stress en milieu de travail constitue la principale cause des problèmes de santé mentale des travailleurs.
  • 33 % des travailleurs canadiens sont épuisés. Dans certaines professions, toutefois, ce pourcentage est beaucoup plus élevé (p. ex. 66 % des infirmières).
  • 70 % des entreprises au Canada n’ont pas mis en place une stratégie de santé mentale en milieu de travail.
  • Les membres de la communauté LGBTQ2S+ sont également victimes de discrimination (13 %) et d’un manque de sécurité et de protection sur le lieu de travail. Ils présentent des risques élevés d’épuisement professionnel (43 %) et sont plus susceptibles d’avoir subi un traumatisme (21 %).
  • En ce qui concerne les compétences et les exigences psychologiques, les minorités visibles (61 %), les membres de la communauté LGBTQ2S+ (62 %) et les personnes ayant une déficience mentale ou des troubles de l’humeur (61 %) sont moins susceptibles de penser qu’ils ont les compétences émotionnelles et sociales nécessaires pour accomplir leur travail.
  • Les jeunes et les personnes travaillant dans le domaine de la santé et des soins aux patients ou dans le secteur des premiers répondants sont plus susceptibles de ressentir les contrecoups de leur travail sur leur santé mentale.

Conséquences de la santé mentale en milieu de travail

  • Coûts

    Selon la Commission de la santé mentale du Canada, le fardeau économique des problèmes de santé mentale s’élève à 51 milliards de dollars par année au pays.

    La perte de productivité totale attribuable à l’absentéisme causé par des problèmes de santé mentale et au présentéisme (se présenter au travail malgré des problèmes de santé) représente 6 milliards de dollars chaque année au Canada. 

    Selon des projections de Deloitte Insights[8], d’ici 2041, les problèmes de santé mentale pourraient coûter à l’économie canadienne 2,5 billions de dollars. Les problèmes liés à la santé mentale accapareront alors 70 % de tous les coûts d’invalidité.

    Les entreprises canadiennes dépensent près du double en prestations d’invalidité de courte durée pour une maladie mentale, comparativement à une invalidité causée par un problème physique.[6]

  • Absentéisme

    Au Canada, les problèmes de santé mentale sont à l’origine de 30 à 40 % des cas d’invalidité de courte durée. Ces problèmes sont également à l’origine de 30 % des cas d’invalidité de longue durée.

    Sur les dix principales causes d’invalidité, la moitié sont liées à des troubles mentaux.[6]

    L’absence moyenne pour un congé maladie est de 34 jours, mais elle passe à 67 jours lorsqu’elle est liée à un trouble ou une maladie mentale.[7]

    Le nombre de travailleurs qui ne sont pas en mesure de travailler en raison de problèmes de santé mentale est de 500 000 par semaine au pays.

  • Prestations d’invalidité

    Selon Deloitte Insights (2019), le nombre de demandes de prestations d’invalidité attribuables à un problème de santé mentale augmente de 0,5 % et 1 % par année.[8]

  • Gestionnaires[9]

    Près de la moitié des gestionnaires affirment qu’ils auraient une perception plus négative d’eux-mêmes s’ils avaient un problème de santé mentale, comparativement à un tiers des participants qui ne sont pas des gestionnaires.

    Les gestionnaires sont près de 40 % plus enclins à rapporter une hausse de stress au travail que les non-gestionnaires.

    Les gestionnaires sont plus de 70 % plus susceptibles que les non-gestionnaires d’être préoccupés par leur santé mentale et leur capacité à gérer la situation, ou d’indiquer qu’ils se sentent en crise.

    Selon Recherche en santé mentale Canada, neuf gestionnaires sur dix indiquent qu’ils comprennent l’importance d’améliorer leurs compétences et de soutenir ceux qui sont stressés, les hommes étant plus fortement d’accord que les femmes.

    La moitié des gestionnaires canadiens âgés de 18 à 34 ans indiquent manquer de confiance dans leur capacité à contrôler leur stress.

Santé mentale et temps passé devant les écrans[12]

  • Une ou un jeune Canadien sur quatre (26 %) passe 6 heures ou plus par jour devant des écrans.
  • Les jeunes Canadiennes et Canadiens (16 à 34 ans) passant beaucoup de temps sur les écrans personnels (6 heures ou plus par jour) sont trois fois plus susceptibles que la moyenne nationale de signaler une anxiété autoévaluée élevée (28 % contre 12 % en moyenne), de signaler des symptômes graves de détresse mentale (GAD-7 et PHQ-9; 15 % et 14 % contre 5 %), ou de montrer des signes de dépendance au cannabis (18 % contre 6 %). Ils sont aussi deux fois plus susceptibles de signaler une dépression autoévaluée élevée (22 % contre 11 %), d’avoir eu des idées suicidaires (34 % contre 14 %) ou de montrer des signes de dépendance à l’alcool (12 % contre 6 %). 
  • L’incidence négative des actualités quotidiennes sur la santé mentale a légèrement diminué depuis la fin de la pandémie (-3 %), tandis que l’incidence négative des réseaux sociaux s’est aggravée (+4 %). 

Ordre des conseillers en ressources humaines agréés

  1. Canadian Mental Health Association. https://cmha.ca/fr/trouver-de-linfo/sante-mentale/info-generale/faits-saillants/
  2. Bell cause pour la cause. https://cause.bell.ca
  3. Recherche en santé mentale Canada. Faits essentiels sur la santé mentale. https://www.mhrc-rsmc.ca/faits-essentiels-sur-la-sante-mentale
  4. TELUS Santé. Rapport de l’indice en santé mentale au Canada. Février 2024. https://lifeworks.com/fr/media/1656/download
  5. Ipsos pour MNP LTD https://mnpdettes.ca/fr/ressources/le-blogue-de-mnp-sur-lendettement/sentiment-disolement-canadiens-raison-linflation-hausse-prix-perturbe-sante-mentale-cause-solitude-lisolement-stress-lanxiete
  6. Mouvement santé mentale Québec. Santé mentale et travail. https://mouvementsmq.ca/sante-mentale-et-travail/
  7. Les coûts des troubles mentaux en milieu de travail peuvent-ils être réduits? https://www.erudit.org/fr/revues/smq/2017-v42-n2-smq03262/1041912ar/
  8. Deloitte Insights. Les programmes de santé mentale en milieu de travail : une valeur ajoutée pour les employés et les employeurs https://www2.deloitte.com/content/dam/Deloitte/ca/Documents/about-deloitte/ca-fr-about-blueprint-for-workplace-mental-health-final-aoda.pdf
  9. Recherche en santé mentale Canada. https://static1.squarespace.com/static/5f9978fdff01872f76f38a09/t/62a1f9f03852890d6bf57098/1654782450640/FR+-+Abridged+-+Emotional+Intelligence+Report.pdf
  10. Recherche en santé mentale Canada. La sSanté mentale au travail. https://www.mhrc-rsmc.ca/sante-mentale-au-travail
  11. La santé mentale et le coût élevé de la vie. Faits saillants. 13 février 2024 https://commissionsantementale.ca/wp-content/uploads/2024/01/La-sante-mentale-et-le-cout-eleve-de-la-vie-Faits-saillants.pdf
  12. Understanding the Mental Health of Canadians Through Covid 19 and Beyond: Poll #19. Février 2024 https://static1.squarespace.com/static/5f31a311d93d0f2e28aaf04a/t/65cf7d0f2a671a6ff34c6d8a/1708096783903/Poll+19+-+Abridged+version.pdf