ressources / developpement-competences-releve

Être mentor, c'est plus qu'un privilège : c’est enrichissant!

Pourquoi la relation mentorale entre les CRHA fait-elle du mentor un meilleur gestionnaire au quotidien?
18 janvier 2022
Luc Nadeau, CRHA

Être mentor permet en effet d’être un meilleur gestionnaire. L’influence rejaillit notamment dans son propre environnement et auprès de sa propre équipe. Chaque rencontre de mentorat exige une capacité considérable d’écoute, de même qu’un temps d'arrêt de qualité. Une dyade mentor-mentoré génère souvent chez le mentor une introspection post-rencontre. Dans son propre quotidien, il peut réaliser que les nombreux dossiers et réunions ne permettent pas toujours de consacrer ce temps de qualité et d'écoute auprès des membres de son propre entourage, ce qui est alors déconcertant lorsqu’on y pense.

Dans le partage des défis et enjeux du mentoré, le mentor constate souvent qu'il s'agit d'un miroir de son quotidien. Le mentor l’entend, dans les mots et les sujets énoncés par le mentoré. Il y a lieu parfois de se demander comment il est possible d’accorder une si grande attention au mentoré alors qu’au quotidien nous passons rapidement d’un sujet à l’autre avec nos propres collègues, sans prendre le temps de les écouter!

Aussi, et à son insu, le rayonnement du mentor va au-delà de ce qu'il apporte au mentoré.

Le mentor apprend et se développe notamment grâce à la relation qu'il maintient avec le mentoré. Cela dépasse donc l'accompagnement unidirectionnel. Les apprentissages acquis par le mentor se concrétisent sur plusieurs plans, à savoir :

  • Le mentor développe son sens de l'humilité.
  • Par son rôle d’aide, il comprend que son propre environnement peut en bénéficier indirectement, au quotidien.
  • Il optimise sa capacité d’écoute.
  • Grâce aux enjeux qu’aborde le mentoré, il réalise que ce sont aussi ses propres enjeux au quotidien.
  • Il comprend mieux sa propre réalité dans sa gestion d'équipe.
  • Ce rôle de mentor lui permet de se valoriser.
  • Il s’agit d’une occasion de repenser sa propre façon de gérer ses ressources.
  • Il prend conscience de l’influence qui peut apporter sur la carrière d'autres professionnels et sur la profession en général.

Le mentor peut rendre ce professionnel encore plus apte et qualifié, en plus de jouir d'une plus grande confiance à exercer son rôle dans sa propre organisation. Les apprentissages du mentoré se reflètent au sein de sa propre communauté professionnelle. Le pouvoir d’influence du mentor est très souvent plus important que ce qui était d’abord anticipé!

À titre de gestionnaire en ressources humaines, songeriez-vous à faire appel au mentorat?

Le choix d'un professionnel d’être mentoré lui est propre et la plupart du temps, ses motifs sont personnels. On ne peut qu’admirer une telle démarche : la volonté de s'améliorer, en ayant recours au mentorat, est très souvent révélatrice du degré de maturité du professionnel. Il est possible aujourd'hui même, qu'un membre ou un collègue de votre propre équipe soit inscrit dans une démarche mentorale avec un tiers. Les retombées de la démarche de l’employé peuvent rejaillir sur le reste de son équipe de travail, et même davantage au sein de son organisation. Nul doute que cela aurait un effet des plus bénéfiques sur votre propre pratique de gestion, si vous êtes le gestionnaire de cet employé. Le gestionnaire, connaissant cette démarche mentorale de son professionnel, a tout intérêt à l'encourager en ce sens.

Tout le monde y gagne!

Il faut voir le mentorat comme une forme additionnelle de développement des compétences. Que l'on soit mentoré, mentor ou encore un gestionnaire dont un membre de l’équipe a eu recours au mentorat, les avantages sont indéniables. Le rayonnement du mentorat est grand, et comme gestionnaire-mentor, vous pouvez aussi améliorer par le fait même vos propres compétences comme gestionnaire d’équipe!


Luc Nadeau, CRHA Directeur, ressources humaines Société de la Place des Arts de Montréal

Luc Nadeau, CRHA, œuvre en gestion des ressources humaines depuis plus de 30 ans. Il est actuellement directeur des ressources humaines à la Société de la Place des Arts de Montréal.

Il agit, depuis plusieurs années, à titre de mentor pour les professionnels membres de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréées, par l'entremise d'ÉLO. Il est mentor également auprès d'Academos, de la MRC de Rouville et plus récemment, pour la Fondation Nouveaux sentiers.