L’Ordre des conseillers en ressources humaines accueille avec réserve l’annonce faite aujourd’hui par le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, M. Jean-François Roberge. Tout en saluant la volonté du ministre de trouver des voies de passage, l’Ordre estime que l’ampleur des impacts humains et économiques liés à la fin du programme de l'expérience québécoise (PEQ) commande une solution plus globale que le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), un programme qui, malgré les modalités annoncées aujourd’hui, demeure plus limité en raison de critères plus rigides tels que l’âge.
« Même si elles offrent une lueur d’espoir pour certains secteurs d’activité, les modalités annoncées font perdurer l’incertitude et ne pourront rassurer l'ensemble des travailleuses et travailleurs étrangers qui contribuent déjà activement à la société québécoise. Une clause de droits acquis serait la solution la plus humaine et la plus simple d’application pour l’ensemble des parties: travailleurs et travailleuses, organisations qui les embauchent, et gouvernements qui encadrent l’immigration sur le territoire québécois », réagit Manon Poirier, CRHA, directrice-générale de l’Ordre.
Depuis plusieurs semaines, une levée de boucliers unanime s’intensifie: syndicats, employeurs, milieux académiques, experts et élus soulèvent une préoccupation commune aussi partagée par l’Ordre. En effet, la situation actuelle est insoutenable pour tous les travailleurs et travailleuses étrangers qui ont fait des choix de vie basés sur une promesse qui n’existe plus (PEQ), comme pour leurs employeurs qui risquent de perdre cette main-d’œuvre précieuse, après avoir consenti des investissements importants et qui peinent à opérer sans prévisibilité.
« Nous avons des témoignages déchirants de professionnels RH et d’employeurs qui, dans différents secteurs d’activité, s’inquiètent de leur capacité à maintenir leurs opérations, mais surtout qui se sentent démunis face à la détresse vécue par les travailleuses et travailleurs étrangers qu’ils ont recrutés, accueillis et formés. Quels que soient les choix fait en matière de seuils d’immigration et de programmes pour l’avenir, le Québec ne peut modifier en cours de route les règles du jeu pour ceux et celles qui sont déjà dans la partie. D’autant plus que l’argument de la capacité d’accueil s’applique moins alors qu’ils sont déjà ici et intégrés. Le gouvernement du Québec a la responsabilité morale de régulariser la situation des personnes qui se sont établies ici sous la promesse du PEQ », martèle Manon Poirier.
Bien que la situation de l’immigration économique soit certainement complexe en raison de l’implication des deux paliers de gouvernements, l’Ordre espère la mise en place d’une solution globale sans délai.