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Mise à jour économique : est-ce suffisant face à la pénurie de main d'oeuvre?

L’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés prend acte des sommes appréciables qui ont pour but de contrer la pénurie de main-d’œuvre. Toutefois ce sont essentiellement cinq secteurs qui sont ciblés, dont la plupart relèvent de l’État.
26 novembre 2021

La pénurie de main-d’œuvre était prévisible et ne cesse de s’aggraver. Lors d’un récent sondage, 96 % des CRHA | CRIA ont confirmé que leur organisation éprouve des enjeux d’attraction et de rétention significatifs. Un chiffre qui témoigne de l’ampleur du problème.

Le gouvernement démontre dans sa mise à jour écononmique sa volonté d’agir et, par les investissements annoncés, reconnaît qu’il s’agit d’un enjeu de taille, ce que l’Ordre salue. Toutefois ce sont essentiellement cinq secteurs qui sont ciblés, dont la plupart relèvent de l’État. Conscient que les besoins de ces secteurs sont criants à l’heure actuelle et qu’ils sont indéniablement essentiels à la société, l’Ordre appuie cette priorisation. « Mais, en parallèle, nous ne pouvons négliger les besoins du privé ainsi que les secteurs qui seront porteurs et stratégiques pour l’avenir du Québec », nuance Manon Poirier, CRHA, directrice générale de l’Ordre.

Éducation, rehaussement des compétences et requalification de la main-d’œuvre

Le gouvernement entend offrir des incitatifs aux individus qui souhaitent se qualifier dans les secteurs ciblés, notamment par le biais des parcours stage-emploi.

« Pour espérer que les étudiants et travailleurs souhaitent s’investir dans les secteurs ciblés, il faut d’abord qu’ils y soient intéressés, soutient Mme Poirier. Ces métiers doivent être attractifs et valorisés, et les conditions de travail difficiles doivent être adressées. Le gouvernement mentionne qu’il veut favoriser l’attractivité de ces secteurs. Espérons que la créativité des moyens sera à la hauteur du défi, un défi qui n’est par ailleurs pas nouveau et qui exige des transformations substantielles qui vont bien au-delà des bonifications salariales. »

En complément des initiatives visant les individus, le rôle que les organisations peuvent jouer en la matière devrait être encouragé. Car si celles-ci sont généralement proactives au niveau du rehaussement des compétences, la requalification à l'interne n’en demeure pas moins une pratique marginale. Le gouvernement pourrait ainsi sensibiliser, outiller et encourager les organisations à soutenir la requalification de leurs travailleurs. Les entreprises conçoivent parfois cela comme un risque et un investissement à plus long terme, néanmoins il nous semble que le contexte de pénurie doit par ailleurs changer les réflexes.  

L’appel aux travailleurs expérimentés

Le gouvernement a également annoncé des primes salariales temporaires pour inciter les retraités à retourner en fonction, mais, seulement pour le domaine de la santé, de l’éducation et des services de gardes éducatifs.

Devant l’importance pour l’ensemble de l’économie de garder active cette main-d'œuvre expérimentée et compétente, il aurait été attendu que les obstacles fiscaux à la prolongation de carrière soient adressés plus largement. « Par-delà la fiscalité, d’ajouter Mme Poirier, les organisations auraient intérêt à revoir leur organisation du travail et la nature attractive des mandats qu'elles ont à combler pour intéresser cette clientèle qui souhaite, par exemple, autre chose que du temps plein et du travail à l’année longue. »

Un virage vers la productivité

L’Ordre tient par ailleurs à saluer les investissements qui visent l’accélération de la numérisation et de l’automatisation des entreprises. Mme Poirier abonde en ce sens : « On ne peut qu'apprécier les mesures qui, à terme, permettront aux travailleurs de se concentrer sur les tâches à valeur ajoutée et qui, ultimement, mèneront à de meilleurs emplois. »

Source : communiqué, Ordre des conseillers en ressources humaines agréés