Semaine de la santé mentale 2022

Semaine de la santé mentale 2022 : état des lieux

Portrait actualisé de l’état de santé psychologique au Canada et au Québec.
2 mai 2022
Ordre des conseillers en ressources humaines agréés

Faits saillants en santé mentale au Canada[1]

La dépression majeure affecte environ 5,4 % de la population canadienne et le trouble anxieux affecte 4,6 % de la population.

Près de 1 % de la population canadienne sera touchée personnellement par le trouble bipolaire (autrefois connu comme étant la « maniaco-dépression ») et un autre 1 % sera touché par la schizophrénie.

Les troubles de l’utilisation de substances affectent environ 6 % de la population canadienne.

Les troubles du comportement alimentaire (TCA) affectent environ 1 million de personnes au Canada – entre 0,3 et 1 % de la population. Ils affectent dix fois plus souvent les femmes que les hommes, et les personnes aux prises avec un TCA affichent le plus haut taux de mortalité parmi toutes les maladies mentales.

Rapport de l’Indice de santé mentale au Canada en 2021 (LifeWorks)

Variation du stress mental

Proportion de Canadiens déclarant ressentir un plus grand stress mental que le mois précédent (2021)

Janvier 25 %

Juillet 18 %

Février 24 %

Août 17 %

Mars 23 %

Septembre 20 %

Avril 21 %

Octobre 19 %

Mai 24 %

Novembre 18 %

Juin 19 %

Décembre 20 %

Santé mentale, stigmatisation et emploi

Un tiers des Canadiens signalent un stress au travail plus important en 2021 qu’en 2020.

Plus du tiers des Canadiens auraient une perception négative d’eux-mêmes s’ils avaient un problème de santé mentale.

Plus de deux Canadiens sur cinq croient que leurs perspectives de carrière seraient limitées s’ils avaient un problème de santé mentale et que les gens au travail étaient au courant.

Gestionnaires

Près de la moitié des gestionnaires affirment qu’ils auraient une perception plus négative d’eux-mêmes s’ils avaient un problème de santé mentale, comparativement à un tiers des participants qui ne sont pas des gestionnaires.

Les gestionnaires sont près de 40 % plus enclins à rapporter une hausse de stress au travail que les non-gestionnaires.

Les gestionnaires sont plus de 70 % plus susceptibles que les non-gestionnaires d’être préoccupés par leur santé mentale et leur capacité à gérer la situation, ou d’indiquer qu’ils se sentent en crise.

Enquête québécoise sur la santé de la population 2020-2021
(Institut de la statistique du Québec)

Solitude ressentie pendant la pandémie

19 % des Québécois de 15 ans et plus ont l’impression de manquer souvent de compagnie.
18 % se sont souvent isolés des autres.
10 % ont souvent eu l’impression d’être laissés de côté.

77 % des Québécois estiment que leur satisfaction à l’égard de leur vie sociale a diminué depuis le début de la pandémie. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à déclarer une telle situation.

Femmes 80 %
Hommes 73 %

Sentiments associés à la détresse psychologique et lien avec la pandémie de COVID-19 selon la composition du ménage, population de 15 ans et plus se situant au niveau élevé sur l’échelle de détresse psychologique.

Famille monoparentale 22 %
Couple avec enfants 35 %
Couple sans enfant 26 %
Personne vivant seule 27 %

Données sur les impacts de la santé mentale en milieu de travail

Coûts

Selon la Commission de la santé mentale du Canada[2], le fardeau économique des problèmes de santé mentale s’élève à 51 milliards de dollars par année au pays.

La perte de productivité totale attribuable à l’absentéisme causé par des problèmes de santé mentale et au présentéisme (se présenter au travail malgré des problèmes de santé) représente 6 milliards de dollars chaque année au Canada. 

Absentéisme

Au Canada, les problèmes de santé mentale sont à l’origine de 30 % à 40 % des cas d’invalidité de courte durée. Ces problèmes sont également à l’origine de 30 % des cas d’invalidité de longue durée.

Le nombre de travailleurs qui ne sont pas en mesure de travailler en raison de problèmes de santé mentale est de 500 000 par semaine au pays.

Prestations d'invalidité

Selon Deloitte Insights (2019), le nombre de demandes de prestations d'invalidité attribuables à un problème de santé mentale augmente de 0,5 % et 1 % par année.[3]

Perceptions des travailleurs et des CRHA | CRIA sur les problèmes de santé mentale

Travailleurs québécois[4]

69 % des travailleurs sont d’avis que l’organisation pour laquelle ils travaillent se préoccupe de la santé psychologique de leurs employés et 67 % que leur supérieur immédiat le fait.

57 % mentionnent avoir accès à un programme d’aide aux employés (PAE).

12 % mentionnent ne pas savoir si un PAE est offert, et doivent être rassurés sur le caractère confidentiel. 

76 % des travailleurs se disent satisfaits des efforts de communication déployés par leur employeur lors de la crise sanitaire.

89 % des travailleurs jugent bénéficier d’un degré d’autonomie satisfaisant dans le cadre de leur travail (l’autonomie étant un levier de mobilisation reconnu, car elle permet aux gens d’avoir un meilleur contrôle sur leur quotidien et ainsi, de mieux gérer leur stress).

80 % des travailleurs se disent satisfaits quant aux mesures de flexibilité offertes par leur employeur : possibilité de télétravail, horaire flexible, semaines de travail comprimées, etc.

CRHA | CRIA[5]

48 % des membres de l’Ordre des CRHA disent que le contexte pandémique a sensibilisé les dirigeants et gestionnaires de leur organisation quant aux enjeux de santé mentale.

Dans le cadre du contexte pandémique, 55 % des répondants affirment que des mesures supplémentaires ont été mises en place au sein de leur organisation dans le but de prévenir et de gérer les enjeux reliés à la santé mentale.

55 % des professionnels RH, disent que le degré de leur propre stress et d'anxiété se situe au niveau « peu élevé ».

Selon leur perspective, 61 % évaluent comme assez élevé le degré de stress et d’anxiété des travailleurs de leur organisation.

Harcèlement psychologique en contexte de télétravail

29 % des CRHA | CRIA interrogés indiquent avoir été personnellement victimes ou témoins d’une situation de harcèlement alors qu’ils étaient de 18 % en 2016.

36 % croient que le télétravail rend plus difficiles la prévention et la gestion du harcèlement en milieu de travail.

33 % craignent de ne pas être en mesure de constater qu’il y a du harcèlement au sein de l’organisation dans ce contexte.


Ordre des conseillers en ressources humaines agréés

  1. Canadian Mental Health Association. https://cmha.ca/fr/trouver-de-linfo/sante-mentale/info-generale/faits-saillants/
  2. https://www.erudit.org/fr/revues/smq/2017-v42-n2-smq03262/1041912ar/
  3. https://www2.deloitte.com/content/dam/Deloitte/ca/Documents/about-deloitte/ca-fr-about-blueprint-for-workplace-mental-health-final-aoda.pdf
  4. Sondage CROP-Ordre des CRHA, auprès de 471 travailleurs québécois, 2021
  5. Sondage Ordre des CRHA auprès de 1106 de ses membres, 2020