Semaine de la santé mentale 2022

Cinq stratégies pour prendre soin de la santé psychologique du personnel

Que peuvent faire les CRHA ainsi que les gestionnaires pour aider les membres de leur personnel à assurer leur bien-être?
2 mai 2022
Ordre des conseillers en ressources humaines agréés

La santé mentale a rarement fait autant les manchettes que pendant la pandémie de COVID-19. Cette discussion publique a entre autres permis de rappeler la part de responsabilité des organisations dans la recherche d’un équilibre psychologique des membres de leur équipe.

Près des deux tiers des travailleuses et travailleurs estiment que les politiques mises en place par leur employeur favorisent leur santé psychologique, selon l’Indice de santé mentale, publié en janvier 2022 par le cabinet-conseil en ressources humaines Solutions Mieux-être LifeWorks.

Au quotidien, que peuvent faire les CRHA ainsi que les gestionnaires pour aider les membres de leur personnel à assurer leur bien-être ? Guylaine Deschênes, CRHA, psychologue organisationnelle et conseillère senior du Réseau d’experts BRH, formule ses recommandations.

  1. Agir comme un modèle

    Avant de prendre soin des autres, les gestionnaires doivent d’abord veiller à leur propre santé mentale. Autrement dit, les gestionnaires doivent servir de modèle pour les membres de leur personnel.

    « C’est de prévoir des moments dans l’agenda pour du ressourcement et même prendre des congés préventifs, dit Guylaine Deschênes. Cela envoie un message fort aux employés, qui eux aussi peuvent prendre le temps de s’occuper d’eux-mêmes. »

    Tout en voulant montrer l’exemple, les chefs d’équipe ont avantage à trouver des personnes à qui se confier pour parler de leurs préoccupations et évacuer leur trop-plein. Des collègues gestionnaires et des CRHA sont tout désignés pour recevoir leurs confidences.

    Avec les employés, il vaut mieux que ces chefs d’équipe fassent preuve de retenue, mais pas complètement. « On veut être là pour les rassurer, mais en même temps, ce n’est pas mauvais de montrer sa vulnérabilité », mentionne la psychologue organisationnelle, qui décourage quiconque veut jouer les superhéros.

  2. Aborder le sujet de la santé mentale

    Pour que les membres de leur équipe soient à l’aise de parler de santé mentale, les gestionnaires ont intérêt à lancer la discussion et, surtout, à la nourrir tout au long de l’année. Pas seulement pendant le mois de janvier, où de nombreuses activités de sensibilisation ont lieu.

    « La nouvelle réalité de gestion, c’est de tenir compte de la santé psychologique », insiste Guylaine Deschênes. Cela signifie qu’il est tout à fait approprié pour le gestionnaire de s’informer auprès d’une personne si elle se porte bien.

    Pour entamer cette conversation, la spécialiste recommande de commencer par fournir des outils et des trucs à l’ensemble du personnel, comme une capsule sur la gestion du stress ou un site Internet sur la méditation de pleine conscience. Par la suite, les gestionnaires pourront s’entretenir de façon plus personnalisée en individuel.

  3. Avoir une attitude favorable à l’équilibre psychologique

    La bienveillance, dont il a souvent été question pendant la pandémie de COVID-19, est primordiale pour créer un climat de travail sain dans une organisation. Les gestionnaires montrent ainsi de l’empathie et du respect à l’égard de leurs employés, et sont également à l’écoute des personnes qui ont besoin de se livrer.

    « De reconnaître que la personne est importante dans son rôle et qu’on a besoin d’elle fait aussi en sorte que les gens se sentent appréciés », fait savoir Guylaine Deschênes. 

    Elle ajoute du même coup qu’une étude réalisée en 2020 par la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval a démontré qu’au début de la pandémie de COVID-19, 37 % du personnel était atteint de détresse psychologique dans les entreprises bienveillantes, contre 61 % dans les organisations qui n’avaient mis en place aucune initiative pour prendre soin de leur personnel. 

    Les gestionnaires doivent en outre adopter une attitude positive et encourager leur personnel à faire de même. Promouvoir les services offerts par l’organisation qui favorisent la santé mentale, c’est-à-dire le programme d’aide aux employés et les démarches de mieux-être, est également conseillé.

  4. Entretenir l’esprit d’équipe

    Entretenir l’esprit d’équipe permet également de créer une bonne ambiance de travail. Cette tâche s’avère plus difficile à distance, mais avec les nouvelles technologies, il est possible de renforcer le sentiment de solidarité au sein d’un groupe.

    Guylaine Deschênes propose d’organiser un lunch virtuel, une activité brise-glace en début de réunion d’équipe ou même des réunions en mouvement, chacun dans son quartier. Créer un fil de discussion informel dans une plateforme de communication peut aussi resserrer les liens entre les membres d’une même équipe.

    « Il y a de plus en plus d’activités de consolidation d’équipe qui se font malgré la distance », souligne la consultante.

  5. Revoir les objectifs de la personne en difficulté

    Si une personne est mal en point, son gestionnaire peut revoir ses objectifs de rendement. « C’est de doser les attentes pendant une certaine période », résume Guylaine Deschênes.

    Il y a ainsi moyen de lui enlever des dossiers chauds, de repousser des échéances ou même de redéfinir les priorités. Sinon, son chef d’équipe peut l’encourager à prendre des journées de congé à la fin d’un blitz de travail.

    Pendant combien de temps cette indulgence est-elle acceptable? Quelques semaines, avance la psychologue organisationnelle. « Si son état ne s’améliore pas, on a alors besoin de mesures plus importantes, comme d’offrir un horaire à temps partiel à cet employé », suggère-t-elle.

    L’objectif, c’est d’éviter — dans la mesure du possible — que la personne quitte son poste pour un congé de maladie de plusieurs mois; le coût est alors élevé pour l’entreprise, la personne en question et son entourage.


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