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Repenser la santé et sécurité au travail en 2023

Dans les entreprises, la santé et la sécurité au travail sont souvent perçues comme un gros dossier à gérer. Mais les mesures sont plus faciles à implanter si elles sont perçues chacune comme autant de petits projets.
20 février 2023
Ordre des conseillers en ressources humaines agréés

Avec l’adoption du projet de loi no 59 visant à moderniser le régime de santé et de sécurité du travail, les entreprises n’ont d’autre choix que d’adapter leurs pratiques. Mais par où commencer? Caroline Ouellet, CRHA, formatrice agréée et présidente de la firme de services-conseils PRATIQ, établit cinq priorités.

  1. Analyser les risques psychosociaux

    Les risques psychosociaux sont liés aux conditions et à l’organisation de travail, aux relations sociales et aux pratiques de gestion. Ces facteurs peuvent engendrer des risques psychologiques chez le personnel. Il s’agit, par exemple, de la charge de travail, de la reconnaissance, du soutien social et de l’autonomie décisionnelle. Ils peuvent avoir un effet important sur le bien-être des travailleurs et travailleuses.

    L’Organisation mondiale de la Santé a rendu public un tableau qui aide à établir des moyens de prévention primaires, secondaires et tertiaires. « On peut contribuer à réduire les risques psychosociaux en ajoutant des programmes d’aide aux employés, en diminuant la charge de travail ou encore en offrant des ateliers sur la gestion de temps », dit Caroline Ouellet.

  2. Moderniser le programme d’accueil et d’intégration

    Sur le terrain, dans bien des entreprises, les formations ne sont pas adaptées à l’accueil de travailleurs et travailleuses provenant de l’étranger et dont la langue maternelle diffère de celle utilisée lors des formations. « Il est grand temps de traduire le matériel de formation en plusieurs langues, poursuit Caroline Ouellet, car on se rend compte que ces salariés sont surreprésentés dans les accidents signalés à la CNESST. »

    De nombreux employeurs attendent que la période de probation de trois mois soit passée avant d’offrir les formations de santé et de sécurité au travail aux recrues. « Cette approche est problématique, soutient Caroline Ouellet, car pendant ce temps, les employés risquent grandement d’avoir un accident de travail. »

  3. Terminer la mise en place du programme de cadenassage et de sécurité des machines

    La plupart des sociétés n’ont pas terminé la mise en place des programmes de cadenassage, et ce, bien que de grands progrès aient été réalisés depuis l’implantation de nouvelles obligations pour les employeurs à cet égard. Même si elles ont intégré de nouvelles machines dans leurs installations, les entreprises n’ont souvent pas mis à jour les programmes de cadenassage.

    « On remarque une méconnaissance en ce qui concerne la sécurité entourant les machines. Il faut s’assurer que les installations, le fonctionnement des machines et l’utilisation qu’on en fait sont sécuritaires pour tous », dit Caroline Ouellet.

  4. Améliorer l’ergonomie

    L’ergonomie, soit la science qui consiste à adapter le travail à la personne qui travaille et le produit à celle qui l’utilise, doit désormais prendre en compte le vieillissement de la population.

    « Les employeurs n’ont pas nécessairement préparé leur milieu de travail pour faire face à ce nouveau contexte », ajoute Caroline Ouellet. Beaucoup de membres de leur personnel doivent lever de lourdes charges et suivre la cadence imposée dans leur milieu de travail. Or, plus on vieillit, plus on a de la difficulté à le faire. Les entreprises doivent donc adapter leurs façons de faire.

  5. Mettre à jour du Système d’information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT)

    Dans beaucoup de milieux de travail, le SIMDUT n’a pas été bien géré, selon Caroline Ouellet. « Une partie du travail a été fait, des listes ont été créées, des formations ont été données, mais dès qu’un nouveau produit est acheté, on ne remet pas nécessairement les documents à jour. »

    Les travailleurs et travailleuses n’ont souvent pas les formations nécessaires pour manipuler et entreposer les produits ou même pour se protéger correctement, poursuit la formatrice. « On voit souvent de jeunes employés qui ne connaissent pas les produits avec lesquels ils travaillent ni les réactions chimiques qu’ils peuvent déclencher si on les mélange avec d’autres substances. »

    Une manipulation inadéquate de produits dangereux peut causer des blessures importantes ou même entraîner la mort. La mise à jour du SIMDUT et la refonte appropriée des formations sont donc essentielles.

Déterminer, corriger et contrôler

Dans les entreprises, la santé et la sécurité au travail sont souvent perçues comme un gros dossier à gérer. Mais selon Caroline Ouellet, les mesures sont plus faciles à implanter si elles sont perçues chacune comme autant de petits projets. Elle propose donc une approche en trois étapes.

D’abord, il s’agit de déterminer les risques. « En partant de la liste d’accidents survenus dans le passé, on répertorie les postes et les tâches problématiques. Puis, on fait l’analyse des risques. » On établit ainsi le secteur à prioriser.

Ensuite, on corrige les risques en mettant au point des mesures préventives. « Cela peut se faire à l’aide de formations, par l’implantation d’équipement de protection ou encore en mettant en place de nouvelles procédures ou méthodes de travail », indique Caroline Ouellet.

La dernière étape consiste à créer une structure de base et à contrôler les mesures instaurées en assurant un suivi. « Il faut voir cette étape-là comme de la gestion de projet », explique-t-elle.

Quatre conseils pour faciliter le rayonnement de la santé et sécurité au travail

  1. Illustrer le propos

    Selon Caroline Ouellet, pour que le message passe, il ne faut pas hésiter à mettre des affiches avec des photos chocs. Elle suggère aussi d’avoir recours à des témoignages de gens qui ont subi des blessures au travail et qui expliquent les conséquences que cet accident a eues sur leur vie et celle de leur entourage.

  2. Faire preuve de créativité

    Pourquoi ne pas faire des activités comme des semaines de sécurité avec des kiosques, des ateliers, des jeux-questionnaires ou même des rallyes? suggère la formatrice. La créativité est le seul ingrédient pour rendre la santé et sécurité au travail vivante et ludique.

  3. Être visible sur le terrain

    Pour donner de la visibilité aux enjeux de santé et de sécurité au travail, il faut aller sur le terrain, soutient Caroline Ouellet. « Plus vous vous promenez sur les lieux de travail en faisant la promotion de la santé et de la sécurité, plus les travailleurs et travailleuses vous posent des questions, et plus ils et elles développent de l’intérêt. »

  4. Faire participer le plus grand nombre

    « On doit impliquer le plus de gens possible avec des porteurs et des porteuses de dossiers qui feront rayonner les projets, ajoute-t-elle. Ça prend plus d’une personne pour faire de la prévention dans l’entreprise. » Plus les gens seront formés, plus ils connaîtront les risques, et plus ils sauront comment mieux se protéger.

    « Il ne faut pas hésiter à donner des formations en santé et en sécurité, conclut Caroline Ouellet. Même des petites formations de 10 ou 15 minutes une fois par mois, ça fait des miracles ! »

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