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Outils pour suivre votre réputation d'employeur à l'ère des médias sociaux

Si beaucoup de recruteurs ont maintenant pris l'habitude de chercher sur Internet des renseignements sur les candidats potentiels, ceux-ci peuvent eux aussi le faire de leur côté. Ils pourraient ainsi tomber sur des photos douteuses de votre dernier party de Noël sur Facebook ou sur une critique incendiaire d'ex-employés dans un forum de clavardage.  

6 juin 2012
Cybèle Rioux, CRHA

Une véritable évolution

Avec la rareté de la main d'œuvre, les employeurs ont davantage conscience de l’influence de leur réputation sur le recrutement. Ce changement s'appuie aussi sur le mélange croissant des vies personnelle et privée, et sur l'évolution de la notion de confidentialité. Mais c'est l'arrivée des médias sociaux qui a fait la différence, en permettant aux gens de communiquer leurs opinions et insatisfactions professionnelles à un large public, multipliant ainsi leurs impacts.  

Ainsi, les nouvelles générations trouvent naturel de commenter leur travail sur Facebook et beaucoup ne se gênent pas pour y critiquer un employeur, en se pensant parfois anonymes. En soi, cette situation a un effet limité, mais si c'est fait avec humour, avec un détail croustillant ou si on parle d'une entreprise connue, l'effet viral pourrait étendre la diffusion à des centaines, voire des milliers d'internautes. Mentionnons par exemple la grande visibilité du site RateMyEmployer.ca, où on peut donner une note à son employeur.  

Inquiétudes

Au départ, rappelons que ce ne sont pas les médias sociaux qui créent la mauvaise réputation d’une entreprise. Ce n'est pas un incident isolé qui compte : la réputation se bâtit à long terme, en fonction de la culture d'entreprise et des pratiques de gestion. Sont-elles acceptables socialement? Donnent-elles lieu à des situations à risque en cas de conflit ou si elles sont relatées par d'anciens employés? Si oui, il vaut mieux redresser le cap avant de commencer à gérer la réputation elle-même, ou le faire en parallèle. 

Attention, vous y êtes déjà!

Votre entreprise est très probablement déjà citée sur Internet. Le commentaire d'un client dans les pages jaunes ou celui d'un employé dans Facebook suffit. Même peu connu, vous serez au moins sur la liste des emplois des personnes inscrites sur LinkedIn. Mieux vaut vérifier de temps à autre qui prétend avoir fait quoi dans votre entreprise... Vous pourriez avoir des surprises! 

Certains préfèrent alors interdire ou, au moins, appliquer un grand contrôle sur l'usage des médias sociaux, mais attention aux réactions en chaîne :

  • Les employés peuvent se sentir infantilisés ou mis au défi.
  • L'entreprise peut être perçue comme étant peu transparente, manquant de confiance en ses employés ou en arrière côté technologie.
  • Les gestionnaires et les employés respectueux de la nouvelle politique iront peu ou pas sur les médias sociaux et y seront peu naturels, tandis que d'ex-employés frustrés pourraient se retrouver seuls à y exprimer leur opinion.

Vous risquez alors de n'avoir sur les médias sociaux que le négatif, tout le contraire de l'effet recherché!

Selon Mark Hornung, « la pire erreur que peut faire une organisation au sujet des médias sociaux est de tenter de les contrôler. Ce n’est pas possible. » (« Marque employeur : le merveilleux monde des médias sociaux », Effectif, vol. 13, n° 4) De même pour la réputation d'employeur qu’il faut surveiller et tenter d'influencer au mieux. 

Des outils pour suivre votre réputation d’employeur

  1. Commencez par voir ce qui se dit déjà : recherchez sur Google le nom de votre entreprise, incluant les variantes probables, et parfois vos produits. 
  2. Cherchez sur les médias sociaux, au moins sur Twitter, LinkedIn et Facebook, non seulement dans les noms de page et de groupes, mais aussi les mots-clics (hashtags).
  3. Si ce n’est pas déjà fait, ouvrez vos propres pages et groupes sur ces trois médias, pour inciter les gens à s’exprimer à ces endroits facile à surveiller. Vous éviterez également qu’ils ouvrent le compte à votre place.
  4. Utilisez au besoin des outils comme Topsy, et voir une liste sur ce site de l'université de Rennes.
  5. Mettez en place une Alerte Google et recevez ainsi un courriel quand une nouvelle entrée contenant certains mots clés (ex. nom de l'entreprise) apparaît sur Google.
  6. Si vous offrez vos produits ou services au grand public, surveillez tous les avis sur Google Maps, sites de restaurants, www.monavis.ca/, forums, etc.
  7. Vérifiez que vous n'êtes pas dans les sites répertoriant des litiges ou plaintes (par exemple www.jugements.qc.ca ou www.cnt.gouv.qc.ca).
  8. Vérifiez sur Rate my employer si quelqu'un a écrit au sujet de votre entreprise.
  9. Demandez à un nouvel employé, à des collègues ou à d’autres personnes de confiance s'ils ont entendu parler de votre entreprise, sur le web ou ailleurs. 

Certains éléments trouvés seront bien sûr à prendre avec un grain de sel. Par contre, lorsqu'on déniche plusieurs points négatifs, il faut alors réagir. Première étape : laissez retomber l'émotion et réfléchissez. Une attitude agressive peut donner l'impression que vous êtes coupable ou ternir votre image; pensez par exemple au cas d'Oasis, en 2012. À l'inverse, l'absence de réaction peut démontrer que vous ne connaissez rien à Internet ou à votre public, ou être perçue comme une insulte si on vous a interpellé directement.  

Dans le doute, et surtout en cas de « crise », il faut réagir rapidement, mais de façon réfléchie et ne pas hésiter à consulter des gens qualifiés. 

Une bonne réputation est un actif important

L'idéal est de maintenir une bonne réputation et de profiter du merveilleux monde des médias sociaux pour la faire connaître à un maximum de candidats potentiels. Vous saurez appliquer judicieusement cet adage qui dit que vos meilleurs recruteurs sont vos employés, et vivrez peut-être le rêve du Cirque du Soleil, qui croule sous les candidats intéressés.

Cybèle Rioux, CRHA, est présidente d’Alizé ressources humaines, une firme de services en gestion des ressources humaines destinés aux PME. Elle a réalisé plusieurs projets et formations sur l’embauche, la fidélisation et la gestion de la diversité depuis 2002. Depuis 2009, elle est également reconnue pour son utilisation des médias sociaux et son implication à cet égard. Les coordonnées pour la joindre sont 450 966-0731 et www.alizerh.com.

Mis à jour le 29 octobre 2014.


Cybèle Rioux, CRHA